L’HÔTEL LORD ELGIN

admin Uncategorized December 6, 2018

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L’hôtel Lord Elgin, que l’on voit sur cette photo prise en 1942, est un repère d’Ottawa. Le Lord Elgin – ou LE comme on l’appelait – est devenu un lieu sûr où les membres de la communauté homosexuelle pouvaient se rencontrer et socialiser. Comme le confiait un professeur de journalisme de l’Université Carleton à Kelly Egan de l’Ottawa Citizen, « c’est un insigne d’honneur pour l’hôtel ». (Kelly Egan, « The straight good on the Lord Elgin’s pioneering gay bar », 1er mars 2016.) Dans les années 1970, l’hôtel n’était plus qu’un simple lieu de rencontre, mais aussi un important centre d’activisme gai dans la ville.

Un résident a raconté à Mme Egan que l’hôtel « était un endroit où les hommes qui acceptaient leur homosexualité pouvaient rencontrer d’autres hommes comme eux. Contrairement aux autres tavernes et bars; ici ils n’avaient pas à cacher qui ils étaient. » Pourtant, les clients savaient qu’ils étaient surveillés par des agents de la GRC, souvent dissimulés derrière un journal. L’instrument de répression le plus notoire était peut-être la « trieuse à fruits », qui, selon un rapport de la GRC, pouvait « [traduction] déceler des tendances homosexuelles chez les candidats aux postes dans la fonction publique ». Un membre de la communauté a expliqué à des chercheurs : « J’avais entendu parler d’un dispositif… Tout ça reposait sur une association de mots, une représentation graphique, des images, des trucs du genre… ». (Gary William Kinsman et Patrizia Gentile, The Canadian War on Queers: National Security as Sexual Regulation (Vancouver: UBC Press, 2010), pp. 169, 184.)

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Des manifestations comme celles qui ont eu lieu sur la Colline du Parlement dans les années 1970 ont motivé une communauté LGBTQ+ déjà bien établie. La Conférence nationale sur les droits des gais a eu lieu en 1975 et la Conférence nationale sur les droits des lesbiennes s’est déroulée un an plus tard. Par ailleurs, Gays of Ottawa, fondé en 1971, a créé un centre, une ligne d’assistance téléphonique et un périodique. Les pique-niques publics sont devenus des événements périodiques à compter de 1986, alors que le premier défilé de la Fierté gaie d’Ottawa a eu lieu en 1989. C’est en 1993 que le premier numéro du Capital Xtra a été publié. Grâce au Village Legacy Project, des chercheurs comme Glenn Crawford réussissent à découvrir l’histoire de la communauté LGBTQ+ d’Ottawa.

 

 

Remerciements

Cette capsule historique a été élaborée par Dany Guay-Belanger comme complément aux kiosques sur l’histoire de la capitale, un projet signé Ottawa 2017 mené par le Musée de l’histoire ouvrière. Elle fait partie de travaux de cours entrepris dans le cadre du séminaire d’études supérieures du professeur David Dean sur les musées, l’identité nationale et la mémoire collective (département d’histoire de l’Université Carleton). M. Guay-Belanger tient à remercier Glenn Crawford qui a généreusement fait part de ses recherches et le Réseau fierté des aîné(e)s d’Ottawa de leur aide dans ce projet.

Nous saluons également l’appui de Megan Michie et de Linda Cheslock, Ville d’Ottawa, et de Marie-Soleil Bergeron, Ottawa 2017. Nous remercions Gerald Trevor Roberts pour la photo de l’hôtel Lord Elgin datée de 1942 et Howard Fagen de l’Ottawa Citizen pour son aide avec les photos tirées de l’article de Kelly Egan.

La présente capsule sur le site capitalhistory.ca et le kiosque sur l’histoire de la capitale (parc de la Confédération) qui y est associé ont reçu le soutien d’Ottawa 2017, de la CIBC et des trois partenaires délégués du Programme d’investissement des arts, de la culture et du patrimoine : le Conseil des arts AOE, le Conseil des arts d’Ottawa et le Conseil des organismes du patrimoine d’Ottawa. Le projet a été financé par une subvention du Programme d’investissement des arts, de la culture et du patrimoine d’Ottawa 2017.

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