THÉÂTRE AVALON

admin Uncategorized December 6, 2018

Le théâtre Avalon a ouvert ses portes à l’angle de la rue Bank et de l’avenue Third le samedi 17 novembre 1928. À la fine pointe des nouvelles technologies sonores, il aurait été la première salle de cinéma d’Ottawa à présenter des films parlants. Son ouverture a suscité la publication d’un article de trois pleines pages dans l’Ottawa Journal, qui déclarait que « l’effet d’ambiance est stupéfiant ». La soirée d’inauguration a été animée par des spectacles à l’écran et sur scène, ainsi que d’un concert de l’orchestre. « Pour bien accueillir et servir nos clients », comme l’affirmait M. Nolan, le théâtre offrait les services de préposés en uniforme, de jeunes hommes qui avaient suivi « un entraînement physique, ainsi qu’une formation en courtoisie et en premiers soins… » et qui refuseraient les pourboires parce qu’ils étaient des « hôtes ».

The Ottawa Journal, 23 novembre, 1929

Comme en témoigne cette photo de la structure extérieure du théâtre, la conception du bâtiment s’inspirait de l’architecture espagnole. À l’intérieur, la scène était délimitée par de « majestueux rideaux mauresques » et comportait un plafond voûté sur lequel était peint un ciel nocturne agrémenté de 150 petites ampoules électriques imitant ainsi une nuit étoilée. Ce ciel nocturne comportait également des nuages projetés à l’aide d’une machine appelée la Brenkert Master Brenograph. Le foyer était agrémenté de cadres en fer forgé, de fenêtres de style espagnol et d’un élégant mobilier.

The Ottawa Evening Journal, 17 novembre 1928

Le théâtre Avalon a été construit par son propriétaire, P. J. Nolan, qui possédait déjà deux autres théâtres à Ottawa : le théâtre Empress et le théâtre Columbia. Plus tard dans les années 1930, P. J. Nolan s’est porté candidat au poste de maire d’Ottawa, auquel il a été élu. Son fils, P. Ambrose Nolan, était le gérant du théâtre Avalon à son ouverture.

Bibliothèque et Archives Canada

En avril 1931, quatre employés de l’Avalon, du Colombia et du Rexy ont comparu devant le tribunal, accusés de piquetage illégal devant l’Avalon. Membres de l’International Union Operators and Stage Hands’ Union (section locale 257), ils protestaient contre le propriétaire P. J. Nolan, qui avait licencié et remplacé deux d’entre eux par des employés non syndiqués de Hamilton. Deux femmes ont témoigné qu’elles avaient été frappées par des écriteaux portés par les grévistes tandis que des propriétaires d’entreprises se plaignaient que le trottoir était bloqué. P. Ambrose Nolan a témoigné que les hommes portaient leurs pancartes de « manière négligente ». Les quatre hommes ont écopé d’une amende de 10 $.  Sur notre installation, la ligne de piquetage est merveilleusement imaginée par l’artiste Ross Rheaume.

Le théâtre Avalon a fermé ses portes en 1956 (bien qu’à ce moment-là, il avait déjà changé de propriétaire qui en avait changé le nom à théâtre Glebe). Même si presque rien n’en subsiste aujourd’hui à part sa structure extérieure en stuc, sa disposition originale explique la curieuse juxtaposition d’une quincaillerie à double entrée (occupant l’auditorium d’origine) et d’un restaurant mexicain (occupant ce qui était le foyer et la billetterie). Néanmoins, le souvenir du théâtre Avalon demeure gravé dans la mémoire de nombreuses personnes. Nous présentons ici deux extraits d’entrevues réalisées avec d’anciens clients par la chercheuse Emily Keyes qui leur a demandé : « Que vous souvenez-vous du théâtre Avalon? »

 

Elliot Levitan (audio en anglais seulement)

 

Marjorie Gregory (audio en anglais seulement)

 

Remerciements

Cette capsule historique a été élaborée et rédigée par Emily Keyes comme complément au projet de CapitalHistory.ca, mené par le Centre d’histoire publique de l’Université Carleton en collaboration avec le Musée de l’histoire ouvrière. Grâce à la générosité de Know History, les travaux de recherche d’Emily Keyes ont été financés par l’entremise d’une subvention de développement offerte par Mitacs.

La capsule a été révisée par Adam Mahoney et sert de complément aux kiosques sur l’histoire de la capitale, un projet signé Ottawa 2017 mené par le Musée de l’histoire ouvrière. Elle fait partie de travaux de cours entrepris dans le cadre du séminaire d’études supérieures du professeur David Dean sur les musées, l’identité nationale et la mémoire collective (département d’histoire de l’Université Carleton).

Nous saluons l’appui de Megan Michie et de Linda Cheslock, Ville d’Ottawa, ainsi que de Marie-Soleil Bergeron, Ottawa 2017. Nous remercions également David Chernushenko, conseiller municipal, et la zone d’amélioration commerciale du Glebe de leur soutien.

La capsule révisée sur le site capitalhistory.ca et le kiosque sur l’histoire de la capitale (rues Bank et Third) qui y est associé ont reçu le soutien d’Ottawa 2017, de la CIBC et des trois partenaires délégués du Programme d’investissement des arts, de la culture et du patrimoine : le Conseil des arts AOE, le Conseil des arts d’Ottawa et le Conseil des organismes du patrimoine d’Ottawa. Le projet a été financé par une subvention du Programme d’investissement des arts, de la culture et du patrimoine d’Ottawa 2017.

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